Retour du Manaslu
Bonjour à tous,
Je ne sais pas combien d’entre vous liront ce post jusqu’au bout, mais voilà… l’expédition est terminée et je suis de retour sain et sauf de Katmandou.
Pas de sommet cette fois-ci. Et pourtant, cette expédition restera probablement l’une de mes préférées.
J’ai vécu des moments incroyables et rencontré des personnes formidables venues du monde entier. C’est aussi ça, une expédition : réaliser la chance qu’on a de partager une aventure aussi intense avec des gens qu’on n’aurait probablement jamais rencontrés autrement.
Les conditions ont été particulièrement difficiles cette année. Pluie, neige, vent, encore de la neige… et surtout un risque d’avalanche devenu beaucoup trop important. La montagne nous a aussi rappelé à quel point elle pouvait être dangereuse. Des alpinistes ont perdu la vie cette saison, et toutes mes pensées vont à eux, à leurs proches et à leurs compagnons d’expédition.
Personnellement, revenir en haute altitude avait une signification particulière. Lors de ma précédente expédition, j’avais dû être évacué après un œdème cérébral en altitude. Revenir quelques mois plus tard, avec forcément cette peur que cela puisse recommencer et que, cette fois, je n’aie peut-être pas la même chance, n’a pas été simple.
Cette dernière année n’a d’ailleurs pas été de tout repos : des mois d’entraînement, énormément de sacrifices personnels, sociaux et financiers, mais aussi académiques. Concilier mes études de médecine avec un parcours de sportif de haut niveau et la préparation d’une expédition comme celle-ci demande énormément de travail et implique forcément de faire des choix et des sacrifices. À cela se sont ajoutés des passages aux urgences, un accident de vélo, des hauts et beaucoup de bas… Alors aujourd’hui, être simplement de retour à Katmandou, en bonne santé, me rend déjà extrêmement heureux.
Et finalement, le sommet, qu’est-ce que c’est ? Un bonus. La cerise sur le gâteau. Ce que je retiendrai, c’est tout ce qu’il y a eu avant.
Avec Tsering, j’ai eu la chance de dépasser les 7 100–7 200 m dans des conditions particulièrement difficiles, seuls sur la montagne avec l’équipe de fixation. Merci Tsering d’avoir cru en moi, de m’avoir poussé et d’avoir partagé cette aventure avec moi. Sans toi, cette expédition n’aurait clairement pas été la même.
Et surtout, un immense merci à toute l’équipe népalaise : Sherpas, équipe de fixation, porteurs, cuisiniers, managers… Ce sont eux qui rendent ces expéditions possibles. Ce sont eux, les vraies machines derrière tout ça. Merci également à toute l’organisation d’avoir su prendre les bonnes décisions, notamment celle de faire demi-tour lorsque continuer devenait trop dangereux. Aucun sommet ne vaut une vie.
Cela faisait plus d’un an que je préparais ce projet, notamment avec Olivier et Mathieu. Aujourd’hui, je peux dire que chaque heure de travail et chaque sacrifice en valaient la peine.
Cette aventure ne se termine d’ailleurs pas vraiment ici. Nous avons filmé énormément de choses et un documentaire retracera cette expédition, mais surtout les personnes extraordinaires qui rendent possibles de telles aventures dans l’un des environnements les plus extrêmes au monde.
Je reviendrai sur un 8 000. Peut-être un jour à nouveau sur le Manaslu. Peut-être ailleurs. Le K2 reste quelque part dans ma tête aussi… Mais ça, ce sera une autre histoire.
Merci à tous ceux qui m’ont suivi, soutenu et envoyé des messages pendant cette aventure.
Pas de sommet cette fois. Mais une aventure que je n’oublierai jamais.
À bientôt pour la suite.






